Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France, et leur usage ne faiblit pas. Pourtant, les chiffres d’accidentologie 2025 sont préoccupants, et près de 6 conducteurs sur 10 impliqués dans un accident roulaient sans couverture. Comprendre les obligations légales en matière d’assurance, c’est aussi comprendre ce que l’on risque concrètement en cas de sinistre.

Une obligation légale souvent méconnue

Depuis le décret du 23 octobre 2019, les trottinettes électriques sont classées comme engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), et donc comme véhicules terrestres à moteur au sens du Code des assurances. L’article L211-1 s’applique sans exception : toute trottinette circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance responsabilité civile, même pour un usage occasionnel.

Avant de souscrire, il est utile de savoir ce que cette garantie couvre réellement. Un guide sur l’assurance trottinette électrique permet de mieux comprendre les critères à prendre en compte selon son profil d’utilisation. Car la RC couvre uniquement les dommages causés à des tiers : piéton blessé, véhicule endommagé, vitrine brisée. Les plafonds légaux minimaux sont fixés à 1 000 000 € pour les dommages corporels et 100 000 € pour les dommages matériels. En revanche, ni les blessures du conducteur, ni le vol, ni la casse de l’engin ne sont inclus dans cette formule de base.

Des accidents en forte hausse, des sanctions réelles

En 2025, 80 personnes ont perdu la vie dans un accident impliquant un EDPM, soit une hausse de 78 % par rapport à 2024. Les blessés graves ont atteint 1 100 victimes, en progression de 33 % sur un an. Ces usagers représentent désormais 8 % des tués et 20 % des blessés graves sur les routes françaises.

Face à cette réalité, rouler sans assurance n’est pas seulement une infraction mineure. Le défaut de RC expose à une amende pouvant atteindre 3 750 €, auxquels s’ajoutent des pénalités pour absence d’attestation, soit un cumul possible de près de 3 820 €, plus la confiscation de l’engin. Surtout, en cas d’accident corporel causé à un tiers, c’est le FGAO (Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires) qui indemnise la victime, puis se retourne contre le conducteur non assuré pour récupérer intégralement les sommes versées, des montants qui atteignent couramment plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Quel niveau de protection choisir ?

Le marché de l’assurance EDPM s’est structuré ces dernières années, avec des offres lisibles et accessibles. Une RC seule tourne autour de 10 €/mois en moyenne. Pour qui veut couvrir également le vol, les formules intermédiaires se situent entre 8 et 15 €/mois. Une protection complète (RC, vol, casse, assistance, accidents corporels du conducteur) oscille entre 12 et 25 €/mois pour une trottinette valant 600 à 800 €.

Le tarif final dépend de plusieurs variables : la valeur de l’engin, le code postal, le lieu de stationnement habituel, l’âge du conducteur et les antécédents de sinistres. Avec un prix moyen d’achat dépassant 450 € en 2025, de plus en plus d’utilisateurs optent logiquement pour des formules plus complètes, d’autant que l’idée reçue selon laquelle l’assurance habitation couvrirait la trottinette est dans la grande majorité des cas fausse.