Avec plus de 3 millions de trottinettes électriques en circulation en France en 2026, la question de la couverture assurantielle n’est plus anecdotique. Pourtant, beaucoup d’utilisateurs consacrent davantage de temps à comparer l’autonomie des modèles qu’à vérifier leur protection juridique. Un oubli qui peut coûter très cher.
Une obligation légale souvent sous-estimée
Les trottinettes électriques sont classées comme EDPM (Engins de Déplacement Personnel Motorisés) depuis le décret du 23 octobre 2019, et à ce titre soumises à l’obligation d’assurance au titre du code des assurances. Concrètement, souscrire une responsabilité civile (RC) est indispensable avant de circuler sur la voie publique, même de façon occasionnelle. Circuler sans expose à une amende pouvant atteindre 3 750 euros, voire à la confiscation de l’engin.
Avant même de comparer les modèles disponibles, il vaut mieux intégrer le coût de l’assurance trottinette électrique dans son budget global. Une RC de base est accessible dès 6 euros par mois, et les formules complètes (avec vol, casse et garanties corporelles pour le conducteur) se situent entre 3 et 15 euros mensuels selon le profil et la valeur de l’engin. Certains contrats multirisques habitation intègrent une extension NVEI, mais la couverture varie beaucoup selon les contrats : mieux vaut vérifier les conditions générales avant de supposer être couvert.
Des chiffres d’accidents qui donnent la mesure du risque
En 2024, 45 personnes sont décédées sur une trottinette électrique en France, un chiffre plus que quadruplé depuis 2019. Entre avril et juin 2025, la mortalité des usagers d’EDPM a bondi de 57 % par rapport à la même période de l’année précédente. Plus de 900 personnes ont été grièvement blessées sur les douze derniers mois recensés. Dans les trois quarts des accidents, une voiture est impliquée. Sans carrosserie ni ceinture, le conducteur encaisse directement l’impact.
Ces chiffres ne visent pas à décourager l’usage, mais à rappeler que la trottinette électrique est un engin de voirie à part entière, soumis aux mêmes aléas que tout autre véhicule motorisé. La RC couvre les dommages causés aux tiers, qu’ils soient corporels ou matériels. En revanche, elle ne protège pas le conducteur lui-même : pour cela, il faut opter pour une garantie complémentaire dommages corporels, particulièrement utile en usage quotidien.
Débridage, mineurs, amende : les points qui piègent les utilisateurs
La vitesse maximale autorisée est fixée à 25 km/h. Débridée, une trottinette sort du cadre légal des EDPM et l’assurance peut refuser toute prise en charge en cas de sinistre, en plus d’une amende pouvant atteindre 1 500 euros et une éventuelle confiscation. L’âge minimal d’utilisation a été relevé à 14 ans depuis le décret du 31 août 2023, notamment parce que 40 % des accidents graves impliquaient auparavant des mineurs de moins de 14 ans.
Choisir sa trottinette avec soin, c’est bien. La faire circuler dans les règles, c’est mieux. Et s’assurer correctement, c’est la condition qui rend tout le reste cohérent.

