Avec plus de 3 millions de trottinettes électriques en circulation en France et 2,5 millions d’usagers actifs, l’engin est devenu un pilier de la mobilité du quotidien. Pourtant, la sinistralité ne cesse de progresser : 45 personnes sont décédées en 2024, un chiffre plus que quadruplé depuis 2019. Assurance obligatoire, sanctions, choix de garanties… voici ce qu’il faut savoir avant de prendre la route.
Une obligation légale souvent sous-estimée
Depuis le décret du 23 octobre 2019, les trottinettes électriques sont officiellement classées comme engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) et relèvent, à ce titre, du Code des assurances au même titre qu’un véhicule terrestre à moteur. Concrètement : dès que l’engin dépasse 6 km/h et circule sur la voie publique, une assurance responsabilité civile est exigée, y compris pour un usage très ponctuel. Un décret de 2023 a précisé le cadre, notamment en fixant l’âge minimum à 14 ans.
Rouler sans couverture expose à une amende forfaitaire de 500 euros, pouvant grimper à 3 750 euros devant un tribunal, ainsi qu’à la confiscation immédiate de l’engin. Mais le risque financier le plus sévère survient en cas d’accident : le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires indemnise la victime, puis se retourne contre le conducteur non assuré. La dette peut atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros si le blessé garde des séquelles lourdes. Pour comparer les offres et comprendre ce que couvre concrètement une assurance trottinette électrique, il vaut mieux s’appuyer sur une source claire et à jour.
Choisir sa formule selon la valeur de son engin
Le marché de l’assurance EDPM a bien mûri. En 2026, les tarifs s’échelonnent de 3 à 25 euros par mois selon la formule retenue. La couverture au tiers (RC seule) démarre autour de 39 euros par an : suffisante pour un engin acquis à moins de 400 euros, où ajouter une garantie vol ou casse reviendrait plus cher que l’engin lui-même après quelques années. Pour un modèle acheté au-delà de 800 euros, une formule incluant le vol et la casse se rentabilise dès la première année.
Un point souvent négligé : la garantie individuelle conducteur. La RC ne protège que les tiers, pas vous-même si vous chutez seul. Cette garantie, incluse dans les formules intermédiaires, prend en charge vos frais médicaux et les éventuels préjudices corporels. La zone géographique joue aussi sur la prime : compter 20 à 30 % de plus en région parisienne qu’en province. Les moins de 25 ans sont également pénalisés d’environ 15 % en moyenne.
Quelques cas particuliers méritent attention. Les mineurs de 14 à 18 ans doivent être couverts par un contrat souscrit au nom du parent, civilement responsable. Les livreurs à domicile utilisant leur trottinette dans un cadre professionnel ne sont pas couverts par une assurance EDPM classique : il leur faut une RC professionnelle dédiée.
Un marché en stabilisation, une accidentologie qui, elle, ne ralentit pas
Les ventes de trottinettes électriques se stabilisent : 609 000 unités vendues en 2025 pour un chiffre d’affaires de 274 millions d’euros, après une baisse de 9 % en 2024. Le prix moyen atteint 402 euros TTC, 78 % des modèles restant sous la barre des 500 euros. La maturité du marché est là. En revanche, la courbe des accidents continue de grimper : entre avril et juin 2025, la mortalité des usagers d’EDPM a bondi de 57 % par rapport à la même période de 2024. Dans certains départements comme le Doubs, le nombre d’accidents corporels a été multiplié par dix depuis 2020.
Ces chiffres rappellent que la trottinette électrique n’est pas un gadget de loisir sans conséquence. Prendre le temps de choisir une couverture adaptée, c’est avant tout se protéger soi-même et protéger les autres.

