LE TROPHEE KIDAM 2018

Le Trophée KIDAM n’est pas un évènement comme les autres. Né en l’an 2000, le fil de ses éditions raconte une histoire et témoigne, tant de l’évolution sociale que de la place occupée par les Véhicules à Propulsion Humaine dans le regard du quotidien.

Initialement challenge technique et sportif, le Trophée KIDAM était une confrontation annuelle, entre écoles d’ingénieurs sur le vélodrome de Roubaix. Y étaient invités quelques « indépendants » pour compléter le plateau. En 2004 l’Ecole Centrale de Paris succédant à Polytech-Lille, l’épreuve est devenue parisienne et s’installe jusqu’à aujourd’hui, sur le mythique vélodrome de la Cipale à Vincennes.

En 2008, le renoncement d’ECP à vouloir continuer d’assurer une organisation de plus en plus prenante (et sans doute l’attirance pour de nouveaux horizons solaires, etc), a coïncidé avec une ère nouvelle. Le pic des participations venant de tous horizons, provinciaux et européens s’est maintenu, tandis que les écoles d’ingénieur ont peu à peu et totalement déserté l’épreuve. La philosophie s’est doucement adaptée à rejoindre une mentalité plus ludique que la stricte et intègre compétition originelle.

En 2013 et en 2014, le chantier de réfection de la piste de Vincennes (vieille de 112 ans) va obliger de renoncer à pouvoir organiser le Trophée (ainsi que les soirées VPH, sur vélodrome nées en 2009).

La reprise en 2015 (enfin) sera marquante, car le Trophée KIDAM restera pour l’histoire la première épreuve organisée sur la nouvelle Cipale.

Cependant et malgré l’humeur joyeuse, jamais démentie, la réalité économique en perte des ménages, et l’adaptation du marché des vélo couché, sans plus de machines sportives ; viendra s’additionner à la perte de contact entrainée par l’absence des deux années de continuité perdues du Trophée.

La politique de la ville de Paris, sous la coupe du rugby devenu sport business, en viendra à exclure toute activité cycliste de soirée, possible, sur son unique vélodrome…

Sans plus de moyen à créer un rassemblement et une émulation, le coup de grâce n’était pas loin… Les épreuves de 2016 et 2017 n’attireront aucun visage nouveau.  Les vélos sont  devenus réalités dans la rue et moins sur les pistes. Seuls les anciens fidèles y seront participants,   à l’exception de Valentin Dussart (fils de son père) pour apporter un souffle de jeunesse.

L’ouverture du règlement aux vélos cargo, vélos pliants, trottinettes, et planches de vitesse, ne permettra pas d’attirer plus de participants. Hors de toute médiatisation plus rien n’existe dans un univers devenu totalement dirigé par le subliminal télévisuel, ou la perception d’une organisation bénévole et non commerciale est faussée.

17 participants en 2017, 18 en 2018… Et pourtant, l’élan de joie reste indéniable.

L’étincelle sous-jacente, pour que le Trophée KIDAM puisse un jour devenir aussi célèbre que le Tour de France, ne fait aucun doute !